Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
la pointe St Mathieu à pied

la pointe St Mathieu à pied

Voyage à pied réflexion pédestre carnet de route méditation la vie difficultés souvenirs plaisir

CARNET DE ROUTE N° 21

CARNET DE ROUTE N° 21

Aujourd’hui, très jolie promenade de Talmont, sur l’estuaire de la Gironde, (en dessous de Royan), à St Georges de Didonne, où nous passions nos vacances d’été, lorsque nous étions enfants.

La veille j’hésitais : rester à Toulouse où il y a toujours quelque chose à faire, ou repartir.

Finalement je me suis décidé vers les 17 h. Arrivé dans la Saintonge vers 21 h. La campagne est relativement plate, sans caractère, comme l’habitat d’ailleurs.

Par contre les églises semblent toutes intéressantes, et par exemple elles ont su éviter ces toits d’ardoises, pointus et noirs, très peu sympathiques que l’on retrouve quasiment partout. Ici, je vois des toits 4 pentes du même matériau, je crois, que les murs ; en pierre donc.

Tout ça date du XIIième.

Je ne voudrais pas dormir dans un camping sur la Côte et je reste sur la bonne impression du Camping à la ferme de Hourtin. Voilà, un panneau en évidence sur le bas-côté : je m’ y rends, c’est très simple, mais je n’ai pas envie de chercher, il commence à être tard.

En fait, il n‘est pas simple, disons plutôt qu’il est minable. Les sanitaires sont quasi inexistants. Comment peut-on proposer à la location pareil endroit ?

Il reste le champ, fauché, avec de grands arbres. Allez ! Au lit. On verra demain.

Très bonne nuit, il fait froid. En fait à 7 h du matin seulement 7° !

Je fonce à Talmont dont je garde un souvenir fort et doux depuis mon enfance.

C‘est effectivement un très beau village, et à cette heure matinale, je suis quasiment seul. Ça ne me déplaît pas.

Le ciel, comme tous ces jours-ci est parfaitement bleu, la mer calme, cette église sur ce promontoire est d’une présence incroyable.

Le village est coquet, 1 maison sur 2 tient un commerce, quelques roses trémières, aux couleurs pastels par-ci par-là ; il n’ en faut pas plus d’ailleurs, car si les fleurs sont douces, les tiges ne sont pas belles, hautes, aux feuilles rares, tombantes, couleur vert mousse, presque grises, ternes, pelucheuses.

La mer au pied de la falaise, des rochers avec des algues couleur violine, des carrelets. Tout y est.

Cela a du charme et de la gueule.

Moi qui suis un cauchemar pour la gent médicale, je décide de faire plaisir à mon médecin urgentiste, et je chausse des chaussures fermées pour changer de mes claquettes.

Et bien ! Cela n’a pas traîné, le soir j‘avais trois ampoules !

Bon, il faut y aller. Le chemin longe la baie… et la route.

Tout va bien ce matin, et je marche 2 h sans m’arrêter.

Je vois très bien le port de Meschers, mais je découvre qu’il est beaucoup plus loin que je ne pensais, car au bout de cette baie, il y en a une autre, et après encore une autre ! L’ air est frais, et le spectacle vaut le détour !

Si l’on peut dire.

L’anse est envasée, mais il y pousse une herbes verte qui envahit tout jusqu’ à la mer.

En arrivant sur Meschers, pas de signalétique, et vous buttez sur le chenal du port. Un bar est ouvert juste de l’autre côté du canal, disons à 20m. Vous avez marché presque 2 h, et vous auriez voulu poser votre sac.

Vous revenez sur vos pas, mais une entreprise a mis des clôtures, sur une assez grande surface pour protéger son entrepôt. Vous contournez à nouveau, vous n’en finissez pas de contourner décidément, et vous voilà enfin devant la passerelle. Mais elle est repliée. Vous avisez alors, un employé municipal qui se trouve heureusement là : comment faut-il faire pour passer de l’autre côté ?

Par la passerelle me dit-il mais pas maintenant, car la marée est basse. Ce qui est exact.

Tiens ! Je l’aurais compris si la marée avait été haute, Je ne comprends pas. Par contre je comprends très bien que je dois faire un autre contour, par la route, là-bas, vous voyez le cycliste là-bas ?

La moutarde commence à me monter au nez.

Mon bar était à 20 m.

Et je voudrais depuis déjà un certain temps me reposer en prenant un café. Et le café, justement, je le vois depuis une demi-heure. Çà me paraît long cette marche d’approche.

Me voilà enfin au café. Autre contrariété, ils n’ont pas de viennoiserie.

Tout va bien !

Mais je me calme, ce petit port est charmant, c’est coloré, paisible, peu bruyant, tranquille.

Ensuite, je longe la Corniche, et n’ai plus qu’à regarder les maisons pour essayer de récupérer une bonne idée. Il y en a, mais pas suffisamment attractives.

La falaise est creusée d’anciennes habitations troglodytes.

Marche assez agréable, là encore, on croit toucher au but, et c’est reporté, encore et encore, les conches (les plages) succèdent aux plages. Deux jeunes a qui je demande le chemin, me renseignent très bien, simplement et utilement. Ce n’ est pas très fréquent.

Me voici à la pointe de Suzac où nous allions enfants, pour jouer dans les blockhaus. Ils y sont encore, avec du fenouil sauvage, jaune, et souvent envahi de petits escargots blancs zébrés de noir. Quels souvenirs !

Le sentier piétonnier longe la falaise, très agréable. Je redescends de Suzac, il me semble reconnaître le sentier étroit, dans le sable, recouvert d’une épaisse couche d’aiguilles de pin, avec quelques racines affleurantes. Tout est bon pour se péter la g…

C‘est ce qui m’était arrivé à 6 ou 7 ans à bicyclette. J‘en garde le souvenir…

Je m’installe pour manger dans la forêt, sous des cordages d’ accrobranches. Sympa et écolo cette activité.

Puis, je termine en longeant la plage, ils ont su conserver une largeur suffisante. Bien sûr, cela n’a plus rien à voir avec ce que nous vivions, les dunes qu’il fallait traverser, une cabane en bois, bleue charrette, toujours fermée, des tentes de plage aux rayures blanches et oranges…

Je n’ai pas vu mon scooter, et je fais donc deux fois 500 m de plus.

Pour me récompenser je m’octroie 12 huîtres + 2 verres de vin blanc : 27 €.

Et puis tant qu’on est dans les souvenirs, allons voir « Plessis les Pins », la maison de nos vacances. Je suis surpris, elle me semble étroite, gonflée, je dirais boudinée même.

J’aurais voulu être ému ; même pas.

Je regarde quelques minutes pour voir si un de mes cousins était là. Personne.

Ce sont mes grands-parents qui nous recevaient. Mamaine était très féminine, elle prenait soin d‘elle, coquette, elle aimait les fleurs, elle faisait de la bonne cuisine, et les restes qu’ elle accommodait étaient meilleurs encore.

Curieusement, ma mère était très exactement à l’opposé. Grand père était dans le rôle de ronchon.

Je devais avoir 25 ans quand ma mère m’a envoyé une courte phrase par courrier (le portable est arrivé 20 ans plus tard) : "mamaine ne va pas bien, tu devrais rentrer". J’ai immédiatement compris que c’était la fin.

Je n’ai jamais pleuré autant de ma vie.

Après la cérémonie funèbre, grand-père, cherchait du réconfort, nous n’étions pas dans cette culture d’expression, aussi étais-je, je le suis encore, gêné pour exprimer ma tristesse.

Je reste debout près de lui, et le voilà qui pleure.

Un vieil homme que l’on a toujours connu pète sec, sévère, ne montrant jamais ses sentiments, jamais un sourire, c‘est très déstabilisant.

Je ne sais pas quoi dire ; mais j’essaie par mon attitude de lui exprimer ma sympathie. Il n’en peu plus de chagrin. Il s’arrête de pleurer pour me dire dans un bredouillement humide : " mais qui va me faire à manger maintenant ? "

La détresse, le désarroi total…..

Tous les ans, il tenait à nous raconter son évasion lors de la guerre de 14 et pour cela, il nous amenait dans un petit bois, avec des viennoiseries.

Je crois, moi en tout cas, que nous étions plus intéressés par les chocolatines que par son histoire.

Il s‘ était donc retiré dans un bois près des tranchées, pour manger avec son copain le gâteau que sa fiancée, Germaine, notre « Mamaine » lui avait envoyé. Ils n’ont pas fait attention à une patrouille allemande qui arrivait. Ils n’avaient d’yeux que pour le gâteau. Faits prisonniers, ils sont ramenés vers les lignes ennemies. Mais les Allemands eux aussi ne voient plus que le gâteau et s’en disputent le partage. Mon grand-père et son copain décident d’en profiter, et se sauvent à toutes jambes, le bois est proche, ils y arrivent, et les premières balles sifflent. Les Allemands se lancent à leurs trousses. L’un d’eux court plus vite que les autres, et va bientôt les rattraper. Ils n’ont que peu d’avance, ils sont bientôt à la tranchée et crient à leurs camarades qu’ils sont Français, mais pas le type qui les suit. Ils sautent dans la tranchée. Sauvés.

" Et l’Allemand ?"

Ah ! Vous pouvez être sûr qu’ils se sont carapatés. (Je crois n’avoir jamais entendu ce mot que dans la bouche de mon grand-père). S’enfuir donc…

Oui, mais celui qui courait plus vite que les autres ? Celui qui leur a sans doute sauvé la vie, faisant écran de son corps, aux tirs de ses copains.

Il faut insister. Enfin :

"Ah lui, il n’a pas eu de chance…"

 

Le petit bois sauvage, où il y avait des arums, et où tous les ans il nous racontait son évasion n’existe plus, il n’y a plus là qu’un immeuble quelconque et sale.

Salut à vous mes grands- parents ! Salut à mes souvenirs !

St Georges a loupé l’urbanisation de son front de mer, rien que des immeubles moches, médiocres, alors que je me souviens encore de ces énormes maisons bourgeoises fin du XIXième ; cela avait une autre allure !

Mais il reste le port. Et le chemin qui a été aménagé pour le rejoindre est vraiment réussi. Pas grand monde, en plus. Cela reste discret, secret. Le phare de Valières est isolé. Pas de constructions. Il doit y avoir une interdiction de construire.

"Pourvou qué ça douro !" Comme disait Laeticia.

La falaise se poursuit au dessus du phare. On le domine pratiquement et assez vite. Un petit jardin, un square si on veut, y a été aménagé. C‘est tout petit, c’est charmant, juste au dessus de la mer, en bord de falaise.

Il y a trois arbres, deux ensembles et un, seul, plus petit, isolé, dominant le vide.

On a mis deux tables avec leurs bancs.

Par ailleurs on a veillé à disposer deux ou trois minuscules parterres de fleurs.

C‘est idyllique.

Je prends la décision immédiate de dormir ici.

Bon ; à midi, je me suis avalé 12 huîtres : des triploïdes, ( ce sont des huîtres génétiquement modifiées pour les rendre stériles et donc non laiteuses pendant l’été. Au début, on les achète avec une certaine réserve, de la crainte même, puis, on se jette dessus, on a faim, c’est frais, etc...) avec une bouteille de vin blanc frais du pays, au prix raisonnable.

A 4 ou 5 h, comme je le disais plus haut, encore 12 huîtres, avec appétit. 27 € quand même ! Il y avait le chien de mon voisin de table qui me regardait d’une façon pas sympa, qu’est ce que je lui ai fait à celui-là ? J‘ affecte de ne pas y faire attention, mais je le surveille et je rentre avec prudence mes mollets sous moi.

Et pour ce soir Didier qu’est ce que tu vas manger ? Ben, je propose 12 huîtres, non ? Avec ce vin du pays pas cher et sans prétention, mais frais et agréable.

Peu de temps après j’occupe une des tables. Deux familles bon chic, bon genre, avec de jeunes enfants s’installent sur l’autre.

Au bout de 6 huîtres, j’ai moins faim, et je vais proposer mes 6 dernières huîtres à la table voisine, avec un verre de vin blanc.

Refus poli, et quasi général, mais une des jeunes femmes accepte. Puis l’autre s’avise qu’un verre de vin blanc ne peut pas lui faire de mal.

Après, tout le long de la soirée, ce ne sont que remerciements. Et quand enfin ils partent, elle, ou ils, me remercient à chaque mètre les rapprochant de leur voiture. Je suis affreusement gêné, est ce qu’ils ne se moquent pas de moi ?

J’attends encore un peu, et j’ installe ma tente à la brune, dans le coin le plus caché. J‘imagine qu’il est interdit de camper ici.

Durant la nuit, je suis réveillé à deux reprises par des jeunes qui voulaient passer un moment ici.

Vers les 3 h, je me lève comme toutes les nuits, pour remplir mes obligations nocturnes. Je sors de la tente, et je me dresse pour faire mon pipi, il fait quasi jour et la lune pleine semble proche à pouvoir la toucher, je suis alors saisi par la beauté du lieu. La lune jaune clair, presque blanche, éclaire la mer tranquille ; juste devant moi, en premier plan, ce jeune pin solitaire, avec son ombre… Dieu que c’est beau.

 

Mon Dieu que Ta création est belle.

 

En annexe, la chanson de Trénet qui me semble amusante et presque d’actualité :

« Le soleil a rendez-vous avec la lune »

LE SOLEIL ET LA LUNE
Paroles et Musique: Charles Trenet
© - 1939

Sur le toit de l'hôtel où je vis avec toi
Quand j'attends ta venue mon amie
Que la nuit fait chanter plus fort et mieux que moi
Tous les chats tous les chat tous les chats
Que dit-on sur les toits que répètent les voix
De ces chats de ces chats qui s'ennuient
Des chansons que je sais que je traduis pour toi
Les voici les voici les voilà...

Refrain:
Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n'est pas là et le soleil l'attend
Ici-bas souvent chacun pour sa chacune
Chacun doit en faire autant
La lune est là, la lune est là
La lune est là, mais le soleil ne la voit pas
Pour la trouver il faut la nuit
Il faut la nuit mais le soleil ne le sait pas et toujours luit
Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n'est pas là et le soleil l'attend
Papa dit qu'il a vu ça lui...

Des savants avertis par la pluie et le vent
Annonçaient un jour la fin du monde
Les journaux commentaient en termes émouvants
Les avis les aveux des savants
Bien des gens affolés demandaient aux agents
Si le monde était pris dans la ronde
C'est alors que docteurs savants et professeurs
Entonnèrent subito tous en choeur

(Refrain)

Philosophes écoutez cette phrase est pour vous
Le bonheur est un astre volage
Qui s'enfuit à l'appel de bien des rendez-vous
Il s'efface il se meurt devant nous
Quand on croit qu'il est loin il est là tout près de vous
Il voyage il voyage il voyage
Puis il part il revient il s'en va n'importe où
Cherchez-le il est un peu partout...

(Refrain)

J’avais placé mon scooter à l’arrivée : au bout Nord du parking de la Grande Côte. Donc, le matin, je range ma tente, et hop, en route. Il suffit de suivre la route de la falaise.

Oui, certes, mais avant, l’occasion est trop belle. Je viens de parler de la lune, juste à l’instant.

J’aimerais tordre le coup, au moins ça, car je voudrais rester correct, à cette sentence que l’on dit chinoise, selon laquelle : « quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt ».

Cela fait une dizaine d’années, que cette maxime circule un peu partout dans le pays, et autour de moi plus particulièrement.

Cet aphorisme, par sa répétition, m’exaspère au plus haut point à présent.

Démonstration :

On comprend très bien le sens de la phrase, que je traduirais par : privilégier l’essentiel au détriment de l’accessoire, le fond prime la forme. On pourrait également dire en bon Français : regarder par le petit bout de la lorgnette.

Mais pour revenir à notre sentence, regardez ceux qui la prononcent ; ils se campent, se posent, avancent la jambe et en tournent le pied vers l’extérieur. Ils ont quelque chose de souriant, parce qu’ils vont vous reprendre, mais avec amabilité. Et, non seulement l’objection est intellectuelle, mais morale également.

Et, en plus quelle caution ! Un sage chinois, vous vous rendez compte, une civilisation, mieux ici une culture, millénaire, et ils avaient inventé la poudre avant nous… ! Et puis la fourchette… !

Donc en faisant référence à ce sage, on montre qu’on a de la culture, mais qu’en plus celle-ci est universelle. Mondiale et intemporelle ! NON ?

Eh bien tout me semble faux dans cette histoire.

Faut- il être idiot pour montrer la lune avec son doigt ? Il n’y a que ça dans le ciel ! Donc, le sage est plutôt stupide. Quant au soi-disant idiot, il ne peut voir l’intérêt de montrer l’astre, puisqu’il n’y a que ça dans le ciel, alors il pense avoir affaire à une personne un peu simple et devine qu’il lui montre son doigt ! Il a raison me semble t-il. Pour mon compte je regarderais le visage de mon interlocuteur pour voir s’il est sérieux ou s’il veut plaisanter.

Quand je dis que je veux faire Toulouse-Brest à pied, je comprends que l’on me demande quel genre de chaussures je vais utiliser.

Si le projet est immense, on peut vouloir s’assurer de sa propre compréhension et de sa faisabilité par des questions portant sur des choses simples.

Je refuse tout. Même leur culture en tout cas celle qui nous est transmise, me semble fausse et mal venue.

Et puis, en plus, vous avez vu comment ils mangent de façon gloutonne, avec leurs baguettes et leur bol au ras des lèvres ? C’est écœurant !

On n’a pas de leçons à recevoir de personnes qui se tiennent si mal à table !

Je ne fais que reprendre et aménager des jugements d’anthropologues, sur les repas et leur cérémoniel.

Allez, j’en ai rajouté, c’est vrai, mais depuis 50 ans je subis cette mode des chinoiseries notamment avec Mao tse-tung, le plus grand criminel de tous les temps. Et depuis 50 ans nous avons les journalistes qui en cohorte serrée, dans « le Monde » notamment, nous assuraient que dans l’Empire du Milieu, tout était beau. Une seule personne, une seule, avait dénoncé un génocide humain et une destruction culturelle, une catastrophe sans précédent.

Seul contre tout un courant de pensée….et c’est lui qui avait raison !

Il fallait voir la volée de bois vert qu’il s’était pris ! Je crois que c’est lui, qui m’a fait prendre conscience de la puissance des médias, et de la malhonnêteté invraisemblable de certains d’entre eux.

Saluons la mémoire de M. Simon Leys.

Bon, à présent, je me sens plus léger et je peux repartir avec mon sac sur le dos. Il y quelques maisons et surtout un ou deux restaurants à l’emplacement exceptionnel, dominant la mer d’une trentaine de mètres.

La falaise redescend doucement jusqu’à la plage.

Je préfère marcher sur le sable, et nous sommes là quelques uns sur cette plage immense à marée basse. Il y a de la poésie dans ce spectacle de silhouettes, clairsemées, dans des camaïeux de gris, mais quelques petites touches de couleur vive, des K-way rouges ou des cirés jaunes, par-ci, par-là disséminés sur cet emplacement gigantesque et plat de couleur euh… de couleur sable !

Eugène Boudin, un de mes peintres préférés, se serait régalé, ce matin.

 

Me voici à Royan détruit pendant la guerre, sous les bombardements alliés, et dont la garnison Allemande ne s’est rendue qu’à la fin de la guerre.

Pourquoi les alliés ont-ils détruit tant de villes Françaises ? Pourquoi ? Qui a pris cette décision criminelle.

Au moins 120 000 morts civils en France.

Et comme on peut le voir pour Royan, sans aucune réelle efficacité.

Et dire que seulement 10 ans avant, le monde entier s’était soulevé avec horreur, lors du bombardement de Guernica. Combien de morts ? 500 ? 800 ? 1 000 ?

L’information est quasi secrète.

Je ne parle pas d’Hiroshima, encore que là, cela aura été efficace et compréhensible.

Mais j’en veux encore aux Américains de ces saccages gratuits, en France.

Je craignais donc de voir cette ville reconstruite 70 ans après. J’avais vu Brest, elle aussi rasée, et reconstruite de façon abominable. Cela va t- il être pareil ?

Je pars, avec un œil critique, près à m’attrister ou me mettre en colère. Résultat de ma visite, ce n’est pas une belle ville, mais ce n’est pas laid, ni atroce. Il y a de bonnes idées. Ce sont les matériaux qui pèchent le plus.

La cathédrale en béton, oui, bof.

Mais même cela j’ai vu pire en Norvège.

 

La chaleur est comme d’habitude accablante. Pas de brise marine, on longe l’océan pourtant. Toute cette journée je la passe dans des agglomérations successives, des quartiers pavillonnaires le plus souvent. Je cherche l’ombre.

Je n’ai rien vu de remarquable si ce n’est l’abondance de Citroën Méhari, la plupart comme neuves. Ce sont des voitures qui ont presque 50 ans (1968). Snob à sa sortie, snob encore de nos jours.

Journée pas très intéressante.

Il en faut aussi. J’ai avancé mon ouvrage, voilà, c’est tout.

 

J’hésite à redormir dans mon petit square. Mais ce serait une folie. J’ai fait une reconnaissance, et j’ai trouvé près d’un blockhaus, un coin, dans les dunes, qui me convient. J’attendrai le crépuscule pour m’installer discrètement.

Je récupère la voiture, et désolé je constate que toutes les fleurs ont été coupées. C’est un petit garçon de 4 ou 5 ans qui a fait le coup. Il était très mignon, je lui ai souris, alors il a cueilli quelques fleurs pour me les offrir. Je lui ai dit qu’il ne fallait pas le faire, ses 2 grandes sœurs de 10 et 12 ans aussi, mais visiblement, nous n’avons pas su trouver les bons mots.

 

 

 

Puisque on a le temps, en annexe une chanson de Dutronc. On reste dans mon texte !

ET MOI, ET MOI, ET MOI (J. Dutronc )

Sept cent millions de chinois
Et moi, et moi, et moi
Avec ma vie, mon petit chez-moi
Mon mal de tête, mon point au foie
J'y pense et puis j'oublie
C'est la vie, c'est la vie

Quatre-vingt millions d'Indonésiens
Et moi, et moi, et moi
Avec ma voiture et mon chien
Son Canigou quand il aboie
J'y pense et puis j'oublie
C'est la vie, c'est la vie

Trois ou quatre cent millions de noirs
Et moi, et moi, et moi
Qui vais au brunissoir

Au sauna pour perdre du poids
J'y pense et puis j'oublie
C'est la vie, c'est la vie

Trois cent millions de soviétiques
Et moi, et moi, et moi
Avec mes manies et mes tics
Dans mon p'tit lit en plume d'oie
J'y pense et puis j'oublie
C'est la vie, c'est la vie

Cinquante millions de gens imparfaits
Et moi, et moi, et moi
Qui regarde Catherine Langeais
A la télévision chez moi
J'y pense et puis j'oublie
C'est la vie, c'est la vie

Neuf cent millions de crève-la-faim
Et moi, et moi, et moi
Avec mon régime végétarien
Et tout le wisky que je m'envoie
J'y pense et puis j'oublie
C'est la vie, c'est la vie

Cinq cent millions de Sud-Américains
Et moi, et moi, et moi
Je suis tout nu dans mon bain
Avec une fille qui me nettoie
J'y pense et puis j'oublie
C'est la vie, c'est la vie

Cinquante millions de vietnamiens
Et moi, et moi, et moi
Le dimanche à la chasse aux lapins
Avec mon fusil, je suis le roi
J'y pense et puis j'oublie
C'est la vie, c'est la vie

Cinq cent milliards de petits martiens
Et moi, et moi, et moi
Comme un con de parisien
J'attends mon chèque de fin de mois
J'y pense et puis j'oublie
C'est la vie, c'est la vie


En savoir plus sur http://www.paroles.net/jacques-dutronc/paroles-et-moi-et-moi-et-moi#EwqegkEUyVd8QIml.99

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article