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la pointe St Mathieu à pied

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Carnet de Route N° 29

D. R . Tlse le 18 - 10 – 2016

 

 

 

 

 

 

 

CARNET DE ROUTE N° 29

 

 

Dimanche St Michel – La Tranche s/ Mer.

 

 

 

 

 

 

La nuit a été affreuse, le Camping vide et désert, mais la gérante me place d’ autorité près du sanitaire.

J ‘ aurai aimé être plus loin. Je l’ ai exprimé mais elle n’ en a cure. C‘est une assez jeune femme, vêtements confortables dans les beiges et marrons, quelle audace !, bottes de cheval, le verbe haut, beaucoup d’ assurance.

«  Bonsouaard » ; s’ il en fallait un peu plus.

Elle ne m’ a pas fourni les codes. Elle l’ a fait exprès, c’ est évident. Donc la voiture restera sur le parking et je suis obligé à faire plusieurs allées et venues pour m’ installer.

A 2 ou 3 h du mat, un gros caisson électrique, c’ est énorme, presque un m³, il doit servir pour gonfler les énormes jeux d’ enfants, château ou boudins pneumatiques de tous ordres ou encore réchauffer l’ eau de la piscine, fermée, par ailleurs, puisque la saison est terminée et …. et ce truc est à côté de ma tente. Il se met en marche. Cela s’ arrête tous les 1/4 d’ heure pour recommencer…

Je me lève éreinté, et lentement vais au sanitaire, en faisant un petit crochet pour voir cette horrible machine qui m ‘a foutu ma nuit en l’ air. Les sanitaires sont à côté. Je passe et repasse devant la porte. D’ habitude il y a un détecteur de présence. Rien, rien et rien. Je cherche un interrupteur. Nada. Peut-être ici ou encore là ? Rien. Et on n’ y voit goutte, c’ est très sombre. Pas moyen de faire sa toilette. Il n’ y a pas d’ eau chaude bien sûr.

J ‘expédie la chose en une minute à la minuscule lueur blafarde de mon tel. Je suis furieux, encore un peu plus.

10 mn après c’ est monté d’ un cran : je suis hors de moi.

En grande colère dès le matin, et personne pour recevoir ma mauvaise humeur. Je ne voudrais pas que cela imprime toute la journée. Pas de double peine, mais il faut, c’ est l’ obligation prioritaire du matin que j’ évacue cette colère.

La gérante du camping, ce sera mon seul bénéfice, m’ avait conseillé hier soir un raccourci.

Un homme promène son chien et je vérifie mon information. Il lui semble que, oui, il y aurait bien un chemin non balisé qui partirait sur la droite. Un peu plus loin.

Il a un chien et ne connaît pas les sentiers à 500 m. ? Je suis surpris, je remercie comme bien il se doit, et me voilà parti.

QQ minutes après, je suis devant un panneau informatif : Digue du XVIII ième. Cela force le respect.

 

C. R. 29 1 / 5

 

 

 

La mer se retire de 150m par siècle je crois, et depuis des millénaires, les habitants, ont pris leurs dispositions, comme les hollandais avec leurs polders. D ‘ ailleurs Henri IV en a fait venir tout un contingent avec mission de gérer l’ assèchement du Marais. Ils ont érigé des digues pour transformer les terres . Petit à petit, avec le temps, elles deviennent cultivables.

Cette digue a deux siècles, elle fait 10 m de large, et est d’ environ 2 m de haut ; de chaque côté des champs de tournesols maintenant marron ternes.

Mais il y reste du jaune pourtant : ce ne sont plus les fleurs mais les vestes fluo des chasseurs. Et on ne les voit que lorsqu’ils sortent de leurs planques dans les tournesols.

De temps en temps, un de leurs chiens s’ échappe et vient en ondulant et fouettant l’ air de sa queue me faire la bienvenue.

C ‘est une des premières journée de chasse. C ‘est en tout cas la première fois que je passe dans une zone de chasse. Ça pétarade, on ne sait pas d’ où ça vient et où ça va, c ‘est inquiétant, parce qu’ ils sont planqués, les tueurs. Je me place au milieu de la digue, le plus en vue possible.

Je vois un gros lièvre, immobile, comme suspendu, sur ses 4 pattes bien écartées ; il essaye de calculer sa fuite. Il disparaît comme il est arrivé, en un instant. Coup de feu très sec.

Pourvu qu’ ils l’ aient loupé.

J ‘arrive sur les lieux, ça tiraille. Un homme est dans les tournesols  : bonjour, vous l’ avez eu ce lièvre ?

Un lièvre non, mais un pigeon oui.

Il y a effectivement un petit tas de plumes sur le sol.

Je suis soulagé.

Sur les 4 ou 5 chasseurs que j’ ai rencontré ce jour là, ils avaient tous l’ air plus ou moins débiles.

Je ne leur ai pas dit.

 

Pour terminer : je n’ ai pas d’ opinion sur la chasse, il est nécessaire de réguler la faune, et puis ça a l’ air sympa de partir marcher dans la campagne, au lever du jour. Oui, mais quand on voit la tête des brutes, que l’ on peut croiser ici où là, cela ne donne pas trop envie.

Je me souviens, encore et toujours dans le même ordre d’ idée, d’ une randonnée dans les Pyrénées, mes chères Pyrénées, avec un groupe de marche d’ une vingtaine de personnes, professeurs, pasteur, curé si on veut, chefs d’ entreprises plus ou moins importantes, avec des femmes et des enfants éparpillés… Groupe de bourgeois s’ affichant comme tel. Nous avions monté la crête et circulions sur le sentier, entre les arbres, à la file indienne, c’ était un sentier de Grande Randonnée, balisé. Devant nous, l’ idiot du village, avec sa canadienne,veste à la mode 50 ou 60 ans plus tôt, son strabisme et son fusil à l’ épaule nous barre le passage. On ne passe pas. Il se croit à Verdun le type. Il y avait une battue au sanglier dans le coin. Ils avaient choisi le Dimanche pour ce faire ! J‘ étais ahuri et désapprobateur que l’ on se soit incliné, et que l’ on ait fait demi- tour.

Il est vrai qu’ un bigleux avec un fusil dans les mains, c’ est assez inquiétant !

J ‘ en avais retiré la conclusion lapidaire qu’ un être fruste au plus haut point, avait plus de pouvoir, avec un fusil, qu’ une assemblée de sages, cultivés et pacifiques d’ une vingtaine de personnes.

J’ ai vu qu’ il prenait plaisir à la situation. C ‘est lui qui avait le pouvoir ! Quelle revanche  ! Quel bonheur que d’ avoir enfin le pouvoir, au moins pour partie ! C ‘ est chouette d’ avoir un fusil !

On transfert cette situation en période de trouble ou de guerre et cela laisse songeur.

Forte expérience ! Enseignement durable !

Au fait, quand on louche, on tire où au juste ?

 

 

C . R . 29 2 / 5

 

 

 

Ma digue, sous le feu ennemi, est assez longue mais j’ arrive à reprendre mon chemin, et mon chemin c’ est la route.

Assez fréquentée d ‘ ailleurs. Pas de bas côté. J‘ aime pas trop, c’ est dangereux. Au moins autant que les chasseurs, si ce n’ est plus.

Il faut avancer en regardant derrière mais aussi devant.

Toujours pareil : vous avez des voitures qui vous frôlent sans nécessitée: ils n’ont personne ni en face, ni derrière près au dépassement, ils sont cramponnés derrière leur volant, le regard rigide et dur fixé juste devant le capot de leurs voitures ; par contre on apprécie ceux qui prennent soin de s’ écarter.

J essaie de cheminer dans un champ sur le côté et en contrebas. Ce n’ est pas concluant. Il faut revenir à la route. Bientôt un rond point, cela va peut- être devenir plus calme.

Assez vite, j’arrive à l’ Aiguillon et avant d’ entrer dans le bourg, je vois un hypermarché ouvert.

Nous sommes Dimanche. C‘est parfait.

Mais j’ ai bonne mine avec mon sac à dos ! Je le dépose à l’ accueil. Tout juste s’ ils ne me me le piétine pas. On ne fait absolument aucune attention à moi. Je n’ existe pas, c’ est simple.

Cela me vexe. Demain est un autre, ou sera un autre jour.

Mes emplettes réalisées, mon sac doit faire plus de 15 Kg.

Je rentre dans La Faute : beaucoup de lotissements ou de collectifs neufs. C ‘ est un peu cheap tout ça. Même la chaussée est calculée juste : qualité du macadam, largeur des voies, absence de trottoirs, aucun mobilier urbain, pas de végétation… L’ urbanisme est simplissime.

On avance donc et me voilà à longer un lac bordé de mâts équipés de câbles. Qu‘ est ce que c’ est ?

Tout est abandonné, la saison est terminée.

Cela rappelle les télé-sièges. Mais il n’ y a pas de neige ici, non ?

J’ imagine qu’ il s’ agit d’ un système pour faire du ski nautique, sans bateau . Gagné ! C’ est bien de cela dont il s’ agit. Une société américaine bien sûr. Cela me semble moins intéressant du coup.

 

Il y a qq poissonniers ouverts et notamment un mareyeur, ; petit commerce, mais très attirant. Tout donne confiance, la couleur, la propreté évidente, la tête du patron ; et une présentation originale : les huîtres dans leurs paniers, sont immergées dans des bassins, ou plutôt des aquariums d’ eau de mer à un mètre de hauteur.

C ‘ est très tentant, ; j’ attends un peu, mais il y a trop de monde, je pars.

Je récupère un balisage, et au rond point suivant, plus rien. Je cherche, rien. Je regarde sur la carte et le topo-guide, et j‘opte…. pour la bonne route.

On ne se trompe pas à tout les coups quand même !

Théoriquement on longe la mer, et je devrais me régaler de la vue et de l’ air.

Non, on ne voit rien du tout, c’ est une rue bordée de maisons, et c’ est alors que commence la punition. Il fait très chaud, pas d’ ombre, pas d’ arbres. Et mon sac est lourd.

J ‘ avais mal jugé de la chose, il me reste 12 ou 13 Km à tirer.

Il n’ y a rien à voir, c‘ est une très longue route entre des maisons ou de petits collectifs sans aucun intérêt. C ‘ est très long, très chaud et très, euh, ennuyeux.

Une ville résumée en une seule rue de 12 Km !

Et tout cela très quelconque. Les seuls qui ont fait des efforts c’ est la D.D.E. avec leurs ronds points de m.… Je suis exaspéré , comme tout le monde, par cette surabondance de ronds points.

Jamais je n’ aurais du placer mon scooter si loin.

 

 

C. R. 29 3 / 5

 

 

 

Je n’ en peux plus, et je m’ arrête pour manger, en plein soleil, debout, une murette me sert de table.Tout cela est accablant. Personne non plus pour bavarder et se distraire.

Allez, hop, on continue, en avant la France.

Je me traîne, un couple âgé, à bicyclette, avance lentement vers moi. Il n’ y aucune indication nulle part, je les arrête pour leur demander un renseignement : où suis- je ? L e château d’eau que j’ avais pris pour repère hier soir en laissant mon scooter, est en face de moi depuis 2 ou 3 heures. Y aurait-il une route parallèle ou un autre château ? Et je m’ étais fixé un autre repère un « Bricoman ».

Il n’ y a pas de « Bricoman » ici .

La terre s’ effondre.

Qu ‘est ce que c’ est encore que cette histoire ?

Quelques instants de terreur, et : Mais il y a un « M. Bricolage ».

Ouf ! Et il est où ?

Je suis sur le bon chemin, il me reste encore 2 ou 3 Km .

Je dois apparaître épuisé et ne le cache pas. Ils me demandent d’ où je viens :

St Michel en l’Herm.

Ils sont ahuris, et me font répéter. Mais cela fait plus de 20 Km !

Je me demande s’ ils ne pensent pas que je mens.

Eh bien ça me plaît, et leur incrédulité me requinque.

Et puis je vais toucher au but ; courage Didier.

 

 

Je pensais que ce serait une étape facile.

Erreur.

Presque comme d’ habitude en somme.

 

 

XXX . En annexe une chanson enfantine qui me revient en mémoire : «  compère Guilleri »

 

Il était un petit homme
Qui s'appelait Guilleri, Carabi
Il s'en fut à la chasse
À la chasse aux perdrix, Carabi

Refrain
Titi Carabi, Toto Carabo
Compère Guilleri
Te laisseras-tu, te laisseras-tu
Te laisseras-tu mouri' ?

Il monta sur un arbre
Pour voir ses chiens couri', Carabi
La branche vint à rompre
Et Guilleri tombi, Carabi

Refrain
C. B. 29 4 / 5

 


 

Il se cassa la jambe
Et le bras se démit, Carabi
Les dames de l'Hôpital
Sont arrivées au bruit, Carabi

Refrain

L'une apporte un emplâtre
L'autre de la charpie, Carabi
On lui banda la jambe
Et le bras lui remit, Carabi

Refrain

On lui banda la jambe
Et le bras lui remit, Carabi
Pour remercier ces dames
Guilleri les embrassit, Carabi

Refrain


Texte et partition : Comptines.TV
http://comptines.tv/compere_guilleri

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