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la pointe St Mathieu à pied

la pointe St Mathieu à pied

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arnet de Route N° 7

D.R. Tlse le 16 – 06 – 2016

CARNET DE ROUTE

N° 7

Aujourd’ hui, sans souci, je dois rallier Moissac.

Un itinéraire ombragé.

J ‘ avance, toujours lentement. Un randonneur est en train de refaire son sac.

Quelques Km plus loin, le voilà qui me double sans un mot, il est vrai que je suis assis en train de manger, il ne répond pas à mon salut, le deuxième donc, et comme le temps est « variable » comme il se dit, de temps en temps, il tombe quelques gouttes ou même des averses. Plus tard, je le retrouve, donc il a plu, il va repleuvoir, c’ est compréhensible pour chacun. Il s’ est allongé dans son sac de couchage sous un petit pont. Il dort. Il laisse un passage de 0, 90 m.

Mais cela me donne envie moi aussi, et 300 m plus loin, prenant prétexte d’ une averse drue, j ‘ avise un chêne dont le tronc est envahi de lierre. Sur le sol, un tapis de feuilles sèches. Je vérifie cela du bout du pied. Tout est sec. La tentation est trop forte… et je dors excellemment durant une heure.

Je poursuis donc.

En fin de parcours, une douleur terrible au talon gauche. Cela dure 1 ou 2 Km. Quelle douleur ! Je regrette qu’ aucune caméra ne soit là pour fixer la mâle souffrance inscrite sur mon, habituellement si beau visage.

Qq km plus loin, je suis proche du but, mais je marche de plus en plus précautionneusement, celui- ci, me semble t- il recule au fur et à mesure de mon avancement.

Je suis découragé.

Le trajet est ombragé. Ça c’ est bien. Par contre, il est bordé d’ énormes silos , tous plus laids les uns que les autres, les maisons sont sans grâce et les usines encore plus. C ‘ est moche tout ce coin. A Castelsarrasin, j’ avise un banc avec un vieux monsieur et son chien, lui aussi très vieux. Je peux m’ asseoir ?

Bien sûr, en souriant.

Je comprends qu’ il est enchanté d’ avoir de la compagnie.

Il me dit qu’ il a travaillé 37 ans dans cette usine de métaux en face de nous de l’ autre côté du canal : il y avait jusqu’ à 3400 ouvriers. Puis cela a tourné à la catastrophe ; faillites sur faillites, et à présent plus que 800 ouvriers.

Son vieux chien s’ approche et me lèche mon mollet handicapé . Ça ne peux pas me faire de mal, cela fait bien longtemps qu’ il ne peux plus se lécher son derrière !

C.R. 7 1 / 2

Sur mon chemin ; arrive en face de moi, un piéton avec son sac. C ‘ est finalement assez rare. On se croise, salutations d’ usage, et aussitôt, il m’ entreprend : « tu vas où, d’ où viens tu ?….

Il se dégage de son sac et m’ invite à faire de même : « mets ton sac là, contre ce tronc comme moi, tu vas pouvoir reprendre ta respiration »….

Il a qq chose comme 55 ans. Une bonne trogne, les yeux bleus, les cheveux ras, un gros menton carré , tout sourire, le nez cassé, et la gueule de travers.

Il ne tient pas tant à m’ écouter qu’ à parler lui. Il est ancien militaire, il lui reste 1 an 1/ 2 pour avoir sa retraite, il lui tarde ; autrement il était menuisier mais son patron a disparu, 50 ouvriers tout de même, et parce que son patron a disparu ( il doit confondre avec le droit des familles), il n’ a rien touché.

Il essaie de se tenir propre, de se raser, comme moi, et il tend son doigt pour lisser ma barbe.

Ho – là, attention !

Didier, il est l’ heure de t’ en aller.

Il doit comprendre ma désapprobation car il passe sa main sur son visage pour me confirmer qu’ il est bien rasé. « l’ assiette du pauvre » il me dit que dans tous les villages il trouve à manger et à dormir, pas dans les villes, hein ?…

A une invitation discrète, ou pour partir sans problème, je sors, avec précaution un billet de 5 €, et je lui dit qu’ aujourd’ hui, c’ est fête.

Pas de remerciements : « tu donnes ce que tu peux, avec ta conscience »…

Allez, c’ est bon, on replie les gaules. Il est l’ heure de partir.

C ‘ était Georges qui se présentait comme « Compagnon Pèlerin ».

Bon voyage Georges !

Je me traîne, cela devient épuisant.

Un vieux, très vieux monsieur avance, avec sa casquette grise, et sa cane blanche, devant moi. Il est très lent. Arriverai-je à le dépasser ? Je suppute que non. Eh bien, si , et puis je creuse la distance :

50 m d’ avance.

Mais me voilà à une bifurcation, je continue ou je prends la passerelle à droite ?

Ne sachant que faire j’ attends mon petit vieux, et lui demande où se trouve la Nationale.

Son visage est agréable.

National ? Quel National ?

La route de Toulouse à Agen…

Ah ! Vous parlez du Pont Napoléon…

Oui ! Il regarde à gauche, à droite, aïe, ça craint, il va pas me planter au moins ? Mais maintenant j’ entraperçois le Pont Napoléon, donc avec ça, je vais me débrouiller.

Finalement, il m’ indique la direction que je voulais prendre.

200 m plus loin, je crois reconnaître ce coin charmant aménagé pour le tourisme. Je tourne la tête à gauche et mon scoot est bien là à 50 m.

Allez, en route, on s’ en va….

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